.

Le dernier qui meurt est prié d'éteindre la lumière.

# Posté le samedi 06 juin 2009 14:21

Troque son utérus à qui en voudra bien.

Troque son utérus à qui en voudra bien.
Je suis (profondément) misogyne.


Le sexe faible est lamentable, secondaire, et surtout prétentieux. Alors, j'ai honte.
Il n'y avait pas de femme à bord de la mission Armageddon, juste une évaporée enjuponnée qui pleure en attendant son fiancé sur Terre. Les rares femelles ayant l'air un temps soit peu singulières sont des stéréotypes de lesbiennes aux cheveux hérissés, qui imitent les hommes, encore les hommes, toujours les hommes.
Et qu'est-ce que j'ai l'air conne, en robe, à me faire grassement reluquer par des terrasses entières de café, à attirer des regards puants par dizaines : pauvres cons, ensorcelés par nos gros seins, nos grosses fesses, nos gros yeux peinturlurés, nos grosses bouches pulpeuses, et nos masses capillaires qu'on se ramasse dans la tronche à chaque coup de vent.
Je suis humiliée par tout ce sang, ces cavités, ces rondeurs flasques, ces rires suraigus, ces lèvres dégoulinantes de labélo, ces attroupements devant les miroirs des toilettes, ces vaines tentatives de faire « mieux que les hommes » en se coupant les cheveux et en passant un tailleur trois fois trop petit. L'égalité, mon cul.

Soldier's Things | Tom Waits
On est que des connes de petits clowns.

# Posté le mercredi 02 juillet 2008 04:38

Modifié le jeudi 06 août 2009 17:09

Aimer souffrir procure un plaisir d'une violence et d'une douceur si lancinantes, si abondantes, si jouissives parfois qu'il est difficile de s'en sevrer. ( J. Salomé, Tout les matins de l'amour. )

Aimer souffrir procure un plaisir d'une violence et d'une douceur si lancinantes, si abondantes, si jouissives parfois qu'il est difficile de s'en sevrer. ( J. Salomé, Tout les matins de l'amour. )
Cette nuit-là, j'avais été réveillée par des éclats de voix qui remontaient de la ruelle.
Des cris, des pleurs. Des gémissements de plaisir, d'excitation.
J'avais ouvert les battants très doucement, le c½ur battant d'inquiétude.

« Qu'est-ce que ... »

Une purée de sang s'étalait jusqu'au carrefour, épaisse et luisante. Le spectacle brillait tranquillement sous la lune, tandis que plus bas, dans cet amas rougeâtre, mes parents s'entredévoraient, mordants à grandes déchirures dans les corps de nos voisins, de nos amis. Une orgie de côtes arrachées, de jambes déboitées, d'yeux flottants et de cheveux dégueulasses, déracinés par chevelures entières, se déroulait devant mes yeux exorbités. Enfants qu'on démembrait à quatre, vieillard épluchés de leurs peaux fripées, coulis noir de cervelles et d'entrailles
mêlées sur un gigantesque flan de cerises visqueuses.

Le dernier des Grands Bordels de l'humanité,
la pire des partouzes alimentaires ... Il s'agirait de l'ultime soubresaut des pêchés,
de colère, d'envie, de luxure et de gourmandise
dont les débordements orchestrés sous mes yeux jamais ne seraient pardonnés.

« On est seuls avec nous même, Il nous a abandonnés. »

( ... )

Je mastiquais mes gélules de Prozac bleues, par trois, par quatre, puis par dizaines, et, à l'aide de mon opinel de poche, commençai à sarcler les veines de mes avant-bras, émaillant le parquet de petit diamants cramoisis.

# Posté le jeudi 26 juin 2008 05:46

Modifié le jeudi 06 août 2009 17:09

Le coca citron pétille tendrement dans un verre à pied. La frange dans les yeux, les yeux décolorés par le sommeil, j'attends, je papillonne. Faire tout ce dont vous n'avez pas le temps lorsque vous avez un DS d'anglais le lendemain : Films, musiques, BD, livres et voyez comme je survis. Juste de quoi laisser mon c½ur en mode vibration, sous perfusion de vie, faute de pouvoir le sortir du coma dans lequel je l'ai givré. (Magie de la séparation.) Sur les onze heures par jour ou je ne dors pas, je planifie les repas, et voici l'apogée de mon bonheur. Salades, carottes, radis, concombre, tomates, vinaigre et champignons, épices et moutarde, je me remplis d'acide comme une éponge noirâtre : la chair lactique qui m'enveloppe finira bien par se dessécher et se ronger toute seule. (...) Ce n'est qu'une question de temps.

Le coca citron pétille tendrement dans un verre à pied. La frange dans les yeux, les yeux décolorés par le sommeil, j'attends, je papillonne. Faire tout ce dont vous n'avez pas le temps lorsque vous avez un DS d'anglais le lendemain : Films, musiques, BD, livres et voyez comme je survis. Juste de quoi laisser mon c½ur en mode vibration, sous perfusion de vie, faute de pouvoir le sortir du coma dans lequel je l'ai givré. (Magie de la séparation.) Sur les onze heures par jour ou je ne dors pas, je planifie les repas, et voici l'apogée de mon bonheur. Salades, carottes, radis, concombre, tomates, vinaigre et champignons, épices et moutarde, je me remplis d'acide comme une éponge noirâtre : la chair lactique qui m'enveloppe finira bien par se dessécher et se ronger toute seule. (...) Ce n'est qu'une question de temps.
(Hans Zimmer me tripote...)

______________________

" On était toutes en cendres.
Moins que terre, moins que fumées, résidus d'existences, vaporeuses et décharnées, on n'existait par écho, par ombres, et par volutes infimes de conscience. Mais existait-on encore réellement ?
Poussière de vie, humanités transparentes, on ne se souvenait plus, on oubliait, brusquement, par saccade : « je ne me souviens plus ... » La douleur d'un corps dans le notre, le froid de février, les gazons calcinés de nos parents pendant le solstice d'été, l'odeur bariolée des fleurs séchées dans nos salons.
On n'avait plus rien.
A l'heure qu'il était, nos globes oculaires pourrissaient par dizaines à fond de nos tombeaux, comme des alignements d'½ufs putréfiés, on ne savait plus ce qu'était d'être éblouie comme d'être noyée d'obscurité.
Aucune noirceur là ou nous étions, la peur du noir nous avait abandonné elle aussi : ni frissons, ni sanglots, ni rien du tout. Rien.
Néant, on était toutes en cendres.
Le pois coupé sur son tapis de feuille noires se morfond-t-il, en silence, de se nécroser ? La dent de lait qui tombe, abandonne la chaleur des nerfs et des gencives, se sent elle brusquement pétrifiée de solitude ? Le rêve d'une nuit éprouve-t-il de la douleur, une douleur physique et palpable, lorsqu'il est chassé par la lumière du matin, encore embué de plaisir ?
Non, non. Ni le pois, ni la dent, ni le rêve, et nous encore moins. "


_____________________


Voyez que le bulbe rachidien de votre hôte est loin de se laisser hiberner sur un transat : je suis tel le hibou aux aguets, sans dormir, sans bouger, perchée sur ma vieille branche, j'attends patiemment de pouvoir culbuter joyeusement la première chauve souris déplumée qui passerait par inadvertance.

Ouais...


Et en vrai, je valdingue entre les terrasses colorées du centre-ville, (une pâtisserie à la main et un lambeau de c½ur culpabilisé dans l'autre) et les tréfonds obscurs ethuileux de mon frigidaire, les cheveux secs, le corps plein d'angles.
(Je suis peut-être entrain de mourir de froid, alors je mets du rhum dans mon chocolat chaud.)
Cet article est un dégueulis, un dégueulage, un haut-le-c½ur de confessions, surement le dernier :
Vous savez ce que c'est, une crise d'aquoibonisme entre deux assiettes de concombre et une balance un peu trop franche, et vous n'avez plus qu'une envie ...

Vous endormir, vous oublier, vous désêcher.


& reprendre vie dans quelques années,
le temps que cette foutue crise de l'apparence soit enfin terminée.

_________________

Photo : Trainspotting.
Musique : [ Ygdrassil - Down in yon green garden ]

# Posté le vendredi 13 juin 2008 07:52

Modifié le jeudi 06 août 2009 17:10

"Un nain de jardin est une représentation d'une petite créature du folklore (nain, gnome, lutin, nisse...etc) sous forme d'une statue de petite taille, utilisée pour décorer certains jardins."

"Un nain de jardin est une représentation d'une petite créature du folklore (nain, gnome, lutin, nisse...etc) sous forme d'une statue de petite taille, utilisée pour décorer certains jardins."
-


Le petit nain la regardait, avec le regard sordide du navet amoureux – elle frémit – les deux gros yeux du gnome barbu papillonnants, nébuleux, à travers l'épaisse nappe de laque blanchâtre qui le recouvrait.
Triste constat, scène jubilatoire à voir mais intolérable à vivre : elle était entrain de se faire draguer par un authentique nain de jardin, ni plus ni moins ...

______________

( Je ne suis plus la seule à expérimenter la Non-Drague au lycée. Béh voilà. )

# Posté le lundi 12 mai 2008 15:36

Modifié le jeudi 06 août 2009 17:12